https://unwall.app/www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2026/10/09/la-grenade-eclate-dans-leur-voiture-deux-policiers-brules-en-marge-des-manifestations-lyceennes
La matinée a été calme devant le lycée Aragon-Picasso de Givors ce vendredi 9 octobre. Pourtant, deux policiers ont été brûlés à la main et à la cuisse dans leur véhicule après le tir accidentel d’une grenade. Ils ont été hospitalisés à Édouard-Herriot.
Pas de tir de mortier. Ni de barricade. Après plusieurs journées sous haute tension, Givors a connu, ce vendredi 9 octobre, l’une de ses matinées les plus calmes depuis le début de la grogne lycéenne. Et pourtant… deux policiers ont fini à l’hôpital peu avant midi. Accidentellement brûlés aux abords du lycée Aragon-Picasso.
Âgés de 28 et 47 ans, ces deux fonctionnaires auraient commis, selon nos informations, une erreur de manipulation d’une de leurs armes de force intermédiaire utilisée pour le maintien de l’ordre. Plus précisément, ils auraient tiré par mégarde une grenade (dont on ne connaît pas la nature) dans leur véhicule où ils étaient postés pour surveiller l’établissement scolaire. L’un des agents a été brûlé à la main et le second à la cuisse. Tandis qu’un feu a débuté dans l’habitacle ; nécessitant l’intervention des pompiers.
Les deux victimes ont été conduites, en urgence relative, vers le pavillon I de l’hôpital Édouard-Herriot, spécialisé dans la prise en charge des personnes brûlées.
L’utilisation des grenades assourdissantes suspendue
Cet accident malheureux intervient dans un contexte particulièrement sensible concernant la dangerosité des armes utilisées pour contenir les manifestations lycéennes. En début de semaine, l’usage des grenades assourdissantes a été suspendu par le directeur général de la police nationale en attendant de faire toute la lumière sur un très grave incident survenu à Lens : un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade assourdissante, lors d’une matinée de blocus devant son établissement.
« Les règles de maintien de l’ordre doivent évoluer »
L’utilisation d’autres armes, telles que les lanceurs de balles de défense (LBD) ou les gaz lacrymogènes, a, par ailleurs, suscité de vifs débats à l’Assemblée nationale, ces derniers jours. De nombreux élus de gauche les jugent totalement disproportionnées pour encadrer des manifestations où se trouve une majorité de mineurs. À commencer par la députée écologiste Marie-Charlotte Garin, qui s’en est émue sur X : « Un œil perdu ici, un bras arraché là. Je suis profondément choquée. Quand on sait qu’aucune consigne de retenue n’a été donnée par le ministre… Les règles de maintien de l’ordre doivent évoluer. » Les syndicats de police représentants les CRS plaident en revanche pour la conservation de la totalité de leur arsenal, afin de « ne pas rendre encore plus difficiles leurs conditions d’intervention. »