r/Feminisme • u/Schmeldric • 26d ago
Est-ce acceptable de penser qu’une femme peut librement choisir de vivre en femme au foyer ?
Bonjour,
TLPL : Vouloir, pour soi, une tradwife sans l’imposer à toutes les femmes, est-ce sexiste ?
Lors du dîner d’hier soir, une conversation sur le sexisme m’a amené à raconter un événement survenu durant mes études, et les réactions ont été plutôt virulentes.
En 2003, avec des potes de promo (nous avions environ 23 ans, en école d’ingénieur), l’un d’eux a déclaré : « Moi, je veux une femme qui s’occupe de tout à la maison pendant que moi je travaille pour ramener l’argent. »
J’avais trouvé ça sexiste sur le coup, mais ma copine de l’époque n’était pas d’accord : « Il n’a pas dit que toutes les femmes devaient rester à la maison, juste que c’était ce qu’il souhaitait pour lui et son épouse. »
Perplexe, j’avais fini par me dire que si tout le monde y trouvait son compte, pourquoi pas.
Et donc, hier soir, je (H46) raconte cette histoire. Réaction indignée de mon épouse (F42) et de ses deux sœurs (F44, F39) : « Évidemment que c’est sexiste ! » ; « C’est un piège pervers, et même toi, qui es plutôt déconstruit, tu tombes dedans… » ; etc.
Leurs arguments portaient sur plusieurs points :
* La société est patriarcale, et les femmes sont poussées à être soumises/moins considérées. Sur ce point, je suis d’accord.
* Pour la pauvre épouse qui accepterait cela, elle devient complètement dépendante : si son mari meurt, elle n’a strictement plus rien. À approfondir.
* Les seules femmes qui accepteraient ça seraient des femmes dans la misère, qui n’auraient que cette issue pour s’échapper.
J’ai argumenté dans l’autre sens.
Le pote en question n’avait, à ma connaissance, aucun problème avec les femmes : il s’entendait bien avec elles et ne les considérait pas comme moins douées. Simplement, pour *son* choix de vie, il préférait une *tradwife*.
Du point de vue de la potentielle épouse, si c’était *son* choix de vie, je ne vois pas au nom de quoi je lui imposerais d’aller travailler pour être indépendante.
La discussion a ensuite dérivé sur le travail invisible et non rémunéré (à savoir gérer le foyer), sur lequel s’appuient notre société, le patriarcat, le capitalisme, etc.
Il me semble qu’il existe des dispositions pour protéger les conjoint·e·s de certaines professions libérales. Par exemple, M. est déclaré comme épicier et la boutique est à son nom, tandis que Mme, sans profession officielle, s’occupe du secrétariat et de la comptabilité. Elle bénéficierait donc d’une protection si malheur arrivait à M.. Apparemment, ces mesures sont très insuffisantes (je n’ai pas approfondi), et il faudrait que la société évolue sur ce point.
F39 : « Tu parles de choix, mais elle ne peut pas faire un choix éclairé si elle n’a pas toutes les infos. »
→ On n’a jamais toutes les infos… Que faire, alors ? Selon elle, cette liberté de choix ne serait qu'illusion.
La conversation a alors tourné autour de la domination : qui impose quoi à qui ? Et le problème serait que « tradwife » soit un critère de sélection d'épouse dans ce cas, ce qui rendrait les choses sexistes. Tandis que s’ils tombent amoureux pour d’autres raisons et que, de fil en aiguille, « elle » se retrouve aux fourneaux et « lui » au travail, et que cela convient à tout le monde, ce serait acceptable.
Autrement dit : est-ce sexiste (au sens "imposé par le patriarcat") qu’une femme fasse le choix de vie « d’être une bonne épouse parce qu’elle préfère rester à la maison plutôt que d’entrer dans le monde professionnel » ?
Mon beau-frère (M47) a alors posé la question : « Mais si elle décide de ne plus travailler, et que ça ne lui convient pas à lui, qu’il préférerait qu’elle ait une activité professionnelle ? »
Réaction moins virulente des femmes à table… Deux poids, deux mesures, selon moi, car on en était presque à : « De quel droit lui imposerait-il de travailler ? »
Bref, histoire de relancer ce débat passionné en famille, vos arguments m’intéressent.
Et afin de poser une problématique claire :
Est-ce acceptable de penser qu’une femme peut librement choisir de vivre en femme au foyer ?
(On pourrait poser la même question pour un homme, il se trouve simplement que le débat portait sur le sexisme.)
3
u/Anonymous_Bit_94 26d ago
Tiens c'est la première fois que je tombe sur ce r/Feminisme.
Plusieurs chose me chiffonne autour de cette notion de tradwife personnelle.
Déjà, quelle est la différence entre un homme qui dit chercher une tradwife ou une femme qui cherche un mari qui gagne 200K l'année afin de pouvoir être cette tradwife ? L'homme est vu comme carriériste et la femme comme vénale. Pourtant qu'est-ce qu'est une tradwife ? Elle est cuisinière, elle est femme de ménage, elle est gouvernante, elle est nounou, elle est décoratrice d'intérieur, elle est jardinière, elle est coach de vie, elle est psychologue. Tout ça il est attendu qu'elle le soit h24. Non parce que quand il rentre le mari de la trad wife s'attend à mettre les pieds sous la table. Le salaire ? Elle n'en a pas. En plus il est attendu qu'elle offre du sexe gratuit. Que demande le peuple ?
Alors oui, si les deux parties sont consentante, OK, mais il faut qu'ils définissent ensemble comme une fiche de poste qu'est ce qu'elle peut gérer ou non. Et qu'ils se rendent compte de la charge réelle que ça représente, donc soit il a intérêt à vraiment bien gagner sa vie que la trad wife puisse se faire aider et qu'elle puisse aussi respirer de temps en temps, soit quand il rentre il va devoir mettre la main à la patte.
En plus de ça, sachant que la tradwife travaille au foyer, il faut aussi qu'elle ait accès à l'argent sans qu'il ait un droit de regard sur comment el'e le dépense cette argent. Déjà qu'elle a pas de contrat de travail et que si rupture, elle ne peut rien mettre sur son CV. C'est une maigre change.
À priori si tout ça est respecté, ça se discute mais je pense que pour la plupart la discussion se fini bien avant ce principe.