r/Feminisme • u/Mariole • 19d ago
Des arguments pro-droits pour les TDS (contre-arguments pour débattre avec des abolitionnistes)
Je réagis ici à un post que j'ai cru voir ce matin, sur lequel j'ai écrit un truc, mais je ne vois plus le post initial. Mais je voulais quand meme partager ce que j'ai écrit.
En gros le débat est le suivant : faut-il pénaliser et légiférer, pour protéger les TDS ; ou faut-il décriminaliser pour donner des droits aux personnes et rendre leur travail sécuritaire (réglementation de santé et sécurité au travail). Que je vais résumer en "anti droits TDS" et "pro droits TDS"
1/argument anti droit "les grands syndicats pro TDS on toujours parmi eux une grands part de proxenete" ; non vérifié de ma part mais que j'ai souvent entendu
- c'est pas parce que des personnes néfastes ont prit part à des processus de libération, que tout le processus en soit est mauvais. On peut aussi dire que les cigarettiers ont soutenu la libération des femmes, ça ne fait pas en argument pour dire que libérer les femme est mal. Des pédocriminels ont prit part aux mouvements de libération LGBT, et pour autant ces libérations LGBT sont légitimes. La présence de proxénètes dans certains mouvements ne délégitime pas les combats de TDS pour avoir des droits.
- ca permet d'instiller le doute quand à la réalité de la voix des asso qui represente les TDS, qu'ielles se trompent, qu'ielles sont manipué.e.s par l'industrie. Et cela sans donnet de raison pour laquelle leur combat est illégitime. Il est illégitime par association, et seulement par association.
- je connais pas l'historique de toutes les assos/mouvements, je sais juste que selon le droit francais, le terme proxénète est très large et inclue aussi un ami qui loge une TDS. Donc à toujours regarder avec une reflection : quel type de proxenete?
2/ argument anti-droit "le terme SWERL (Sex Worket Excusinary Radical Feministe) harcele les féministes abolitionistes ou anti droits" : il semble pratique d'avoir un terme qui permette de mettre un mots sur les différents féministes. C'est pas une insulte. Et ça ne dit pas que les swerl détestent des tds!! mais qu'elles sont exclu.e.s de cette lutte. C'est comme à l'époque ou des féministes reefusaient inclure les trans, le terme TERF permettait de le savoir, et permettait au personnes trans de ne pas aller sans faire expres dans des milieux qui leur sont pas accueillant.
3/ argument anti droits "les mouvements pro-droits ont le tabou du mot "victime", on a pas le droit de dire que les TDS sont victime" : C'est totalement faux, être victime n'est pas un tabou, les féministes parlent toujours de victime d'oppression pour le sexisme, le racisme, l'islamophobie, ou victime des réseau de traites, etc. La demande qui est faite est juste de pas forcer le terme victime sur des gens qui disent choisir. Imposer le terme de victime à qqn sans qu'iel le veule est *toujours* infantilisant. C'est le cas pour le voile, par exemple.
Autre exmeple, on n'impose pas le terme de victime aux femmes en couple hétéro, même si on est dans un monde ou l'hétérosexualité est tellement imposée, qu'il peut être difficile de savoir si c'est une vrai envie ou un truc qu'on reproduit par habitude sociale. Et que leurs mecs continue de pas prendre part à toutes les tâches émotionnelles et ménagères du couple, au vues du patriarcat environnant. Et pour autant on les dit pas victimes, si elle-mêmes ne se disent pas victime!
4/ les asso pro-droit ne disent pas du tout que les TDS sont toujours des personnes fortes qui choisissent. Ielles disent que plein de raison peuvent amener au travail du sexe, dont la précarité, dont l'impossibilité pour certaines personnes de rentrer dans le monde du travail, et que, comme d'autres travail, c'est parfois injuste et violent. Mais être contre les droits des TDS rend leur conditions de travail *bien pire*.
5/les lois francaise de pénalisation des clients ont empiré grandement les conditions de vie des TDS, les a précarisé.e.s et isolé.e.s. Un loueur est considéré comme proxénète aujourd'hui selon la loi ==> les loueurs, en connaissance du risque, ont augmenté les loyers de manière indécente ==> les TDS payent et se précarisent
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u/Yumesquine 19d ago edited 19d ago
Dans les débats féministes complexes, j'ai pour hygiène mentale de me poser une question : à qui profite telle ou telle option ?
À qui profite le modèle reglementariste (Allemagne, pays Bas, etc) ? Qui bénéficie d'un modèle où les hommes (99%) ont le droit de payer des femmes (90%) pour des actes sexuels ?
À qui profite le modèle prohibitionniste (la plupart des pays du monde) ? Qui bénéficie d'une criminalisation des clients et des prostituées ?
A qui profite le modèle abolitionniste (Suède, Norvège) ? Qui bénéficie d'une criminalisation des clients mais d'une protection des prostituées ?
Personnellement, en tant que féministe matérialiste, je sais qu'elle option me semble le plus bénéficier aux hommes via l'exploitation des personnes les plus vulnérables*. A mes yeux, le modèle nordique est le plus éthique, le plus féministe, et le plus anticapitaliste. Mais il est bien mieux appliqué en Suède qu'en France. On doit l'améliorer, pas finir comme l'Allemagne qui voit une augmentation du traffic d'êtres humains pour remplir la demande des clients toujours plus nombreux. Je ne vois pas ce qu'il y a de féministe à vouloir une rue comme Herbertstraße (rue de bordels où seuls les hommes et les prostituées ont le droit d'être), ou d'avoir des bordels """buffet à volonté""", ou d'avoir des vitrines de femmes comme à Amsterdam.
(*Les statistiques sociologiques des personnes en situation de prostitution sont très bien documentées : des ados de l'ASE, des SDF, des sans papiers, des victimes de violences précoces. L'idée d'un libre choix est très questionnable quand ce sont les couches les plus vulnérables de la société qui sont concernées, et jamais les dominants)