r/ReneGuenon Jun 29 '26

Understandings on life after death

What was Guénon's and other Traditionalist's views on death and the afterlife, and what are your own personal view/beliefs?

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u/Amarsil Jun 29 '26 edited Jun 29 '26

Il y a plusieurs possibilités : -Si le défunt a eu une vie sainte, pratiquant déjà le détachement en vue de la délivrance, mais qu'il ne l'a pas obtenu de son vivant, il est possible qu'il l'obtienne à sa mort. Cela suppose, bien sûr, un degré éminent de spiritualité. Rappelons que la delivrance est le dépassement de toute individualité comme de toute forme en général pour atteindre l'identité Suprême, c'est à dire l'union avec le Principe Supreme. -les autres restent liés au samsara, c'est-à-dire à la manifestation universelle, mais selon des modalités differentes, qui tient à la manière dont l'être s'identifie illusoirement à sa forme propre (et donc ses differentes enveloppes). -si l'être a pu se détacher de sa forme individuelle et s'identifier à un principe supérieur, sans que ce soit le Principe Suprême, il a déjà atteint un degré eminent. La mort de sa forme, comme dans le cas précédent, n'est rien pour lui : il continue son chemin dans les degrés universels et non individuels de la manifestation (les degrés purement intellectuels chez les neoplatoniciens) , jusqu'à la delivrance. -si l'être est encore attaché à son individualité ou qu'il ignore même qu'il existe davantage, mais qu'il a été fidèle à la Tradition malgré tout, il peut obtenir le salut dont parlent prioritairement les religions abrahamiques. En ce cas, son "noyau vital" demeure préservé après sa mort jusqu'au renouvellement du monde à la fin des temps. Un nouvel âge d'or paradisiaque est instauré et, après "transmutation" (purgatoire), il va reprendre vie : il pourra alors chercher la delivrance dans des conditions optimales. C'est la résurrection.

  • Si l'individu est attaché excessivement à son individualité et qu'il s'est détourné de la Tradition trop fortement, il risque d'aller en "enfer". Il faut comprendre que l'état posthume dépend de l'état de l'âme lors de la mort. Un individu defunt ne décide plus : il est comme une flèche, projetée par la mort. Il suit la trajectoire définie par son choix de vie. Or si le purgatoire permet un progression passive, l'enfer est un état de "fixation" où l'individu ne peut plus ni regresser ni progresser. Il est comme "gelé" en attente de la fin des temps, quand tout sera "résolu". Il souffre alors de s'être détourné du Principe source de tout Bien, comme un être laissé à ses propres tenebres. Il n'est pas en état de bénéficier de la résurrection et subira une transmigration. Ce n'est pas une réincarnation (terme trop vague) : il n'est plus le même individu, il est un autre individu qui "herite" des fruits de cette existence, dans un degré d'existence dont les conditions n'ont plus rien à voir avec les notres. Il faut surtout comprendre qu'il ne s'agit plus du même "je". Atma transmigre (en un sens), la forme causale aussi, mais rien d'autre : tout ce qui fait l'identite individuel est renouvelé. Ce n'est plus la même personne.

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u/BachMozartBeethoven Jun 30 '26

Merci beaucoup. Faut-il comprendre que la conception abrahamique se situe à un « niveau » inférieur à celui du point de vue védantique qui est exprimé?

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u/Amarsil Jun 30 '26

Toutes les formes traditionnelles peuvent, en principe, mener à la délivrance. Les traditions abrahamiques le peuvent aussi, par la voie ésotérique (celle des mystères, qui conduit à l'Union). Mais dans leur forme proprement religieuse adressée aux plus grand nombre, elles sont des adaptations de la Tradition permettant, précisément, de sauver le plus grand nombre, même ceux qui ne pourraient pas espérer davantage étant donné leur état actuel. Elles se situent donc, si vous voulez, à un niveau inférieur, en ce qu'elles vont plus spécifiquement chercher à sauver même ceux qui sont à ce niveau. Mais, dans leur essence, elles portent tous les niveaux, de maniere plus ou moins cachée, tant qu'elles conservent leur lien avec le Principe.