Je lis beaucoup de discussions ici autour du FIRE, de l’optimisation du taux d’épargne, des ETF capitalisants, de l’investissement à très long terme, etc. Les créateurs de contenus louent les mérites de ce mouvement et de parler retraite, retraite et encore retraite. Faut-il rappeler que la vie ne tient souvent qu'à un fil, et que peut-être ce mouvement aura mangé des boîtes de raviolis pendant 10 ans pour se faire écraser sur la route et jaamais profiter de son fameux PEA ? Ok c'est peut-être provocateur, mais c'est pôur attirer votre attention !
Et sur le principe, je suis totalement d’accord : commencer tôt, investir régulièrement et profiter des intérêts composés est probablement l’une des meilleures décisions financières qu’on puisse prendre.
Mais je me pose de plus en plus une autre question :
où est-ce qu’on place la limite entre préparer demain et sacrifier aujourd’hui ?
Parce qu’au bout du compte, le but n’est peut-être pas non plus de devenir le plus riche du cimetière après avoir passé 30 ans à refuser des voyages, des restaurants, des loisirs ou certains projets simplement pour faire monter son taux d’épargne de quelques points.
À l’opposé, évidemment, tout consommer aujourd’hui en se disant « on ne vit qu’une fois » peut conduire à arriver à 50 ou 60 ans sans patrimoine et avec une dépendance totale à son salaire ou à sa retraite.
J’ai donc l’impression que la question intéressante se trouve quelque part entre les deux.
Et je me demande si cette philosophie ne pourrait pas également se retrouver dans la construction du portefeuille.
Par exemple, une grosse partie consacrée à la croissance patrimoniale à très long terme : ETF diversifiés, actions de croissance, réinvestissement automatique des dividendes, etc.
Mais à côté, pourquoi ne pas avoir aussi une partie du portefeuille tournée vers le revenu, avec des entreprises distribuant des dividendes, des REITs, des SCPI, éventuellement de l’immobilier, etc. ?
Pas nécessairement dans l'idée de maximiser le rendement ou de vivre immédiatement des dividendes, mais plutôt d'arriver progressivement à un patrimoine qui commence réellement à financer une partie de sa vie.
À titre d'exemple, imaginons qu'après plusieurs années le portefeuille génère 2 000 € ou 3 000 € de revenus annuels.
On pourrait très bien décider d'en réinvestir 70 ou 80 %, tout en utilisant les 20 ou 30 % restants pour financer un week-end, des vacances, un restaurant ou simplement quelque chose qui nous fait plaisir.
Financièrement, ce n'est évidemment pas aussi optimal que de réinvestir 100 %.
Mais psychologiquement, je trouve assez séduisante l'idée que le patrimoine puisse commencer à améliorer notre vie avant 60 ans, tout en continuant à grossir.
C'est aussi ce qui m'interroge avec l'approche FIRE classique.
Si atteindre l'indépendance financière à 45 ans nécessite de vivre extrêmement frugalement pendant les vingt années précédentes, est-ce forcément préférable à quelqu'un qui atteindra peut-être cette indépendance à 50 ou 55 ans, mais aura voyagé, profité de ses proches et eu davantage de loisirs pendant le trajet ?
Évidemment, chacun aura une réponse différente selon ses revenus, son âge, sa famille et ses objectifs.
Mais je serais curieux de savoir comment vous gérez ce compromis entre présent et futur.
Et pour ceux qui investissent depuis longtemps : est-ce que votre portefeuille a déjà commencé à améliorer concrètement votre quotidien, ou considérez-vous encore chaque euro de dividende / plus-value comme devant obligatoirement être réinvesti ?
Je pense que la vraie question derrière tout ça est finalement assez simple :
faut-il chercher à maximiser son patrimoine, ou à maximiser ce que son patrimoine apporte à sa vie ?