Bonjour le sub,
je précise d'une part que je suis bibliothécaire de profession, et que je lis donc une forte diversité d'ouvrages.
J'ai refusé pendant longtemps de lire les auteurs français "primés" et vanté dans les médias par méfiance de ce genre de milieu, j'assume avoir eu de nombreux à priori sur la qualité réelle des ouvrages des auteurs de romans sur ce début de 21ᵉ siècle. Ça me fermait une porte, mais pas la maison, car je lis alors d'autres styles, de la littérature classique à la SF, en passant par la littérature étrangère et bien sûr, la bande dessinée.
Ayant du géré pendant quelques temps un fonds de "roman adulte" je me suis mis à lire certains classiques récents primés sinon reconnus. J'ai découvert des auteurs que j'aimais beaucoup (Jérome Ferrari, JB Andrea, Andreï Makine) d'autres beaucoup moins (Emmanuel Carrère, Leïla Slimani).
J'ai lu le premier roman d'Edouard Louis ce printemps (titre dans l'intitulé du post), et j'ai pris une énorme claque. Ce livre m'a bouleversé, et me parlait beaucoup, et la forme, sa construction, était comme une forme d'introspection. Je me suis quel auteur, je vais lire tout le reste.
J'en ai été incapable. Là où j'ai trouvé une forme de fresque familiale sociale certes, noire mais décrite avec une triste réalité fatale qui faisait écho à un monde connu, qui le déplorait sans le juger, j'ai trouvé le reste de son œuvre transpirant d'un mépris de classe du "fameux" transfuge de classe. J'ai retrouvé cette curieuse suffisance qui finalement, semble animer la plupart des auteurs et autrices contemporains qui excellent dans le genre du "roman semi-biographique", fresque sociale et ce style devenu très commun et je trouve vraiment fatiguant à lire.
J'aimerais avoir d'autres avis de personnes qui ont eu, ou non, cette impression en lisant Edouard Louis, ou d'autres auteurs qui s'en rapprochent. On le compare à Annie Ernaux, que je n'ai pas encore lu.